Valorisation énergétique dans le cadre de la co-génération

L'A.D.E., à l'écoute des porteurs de projets innovants, notamment en matière d'énergie, a reçu Alain GUILLAUME et Christophe L'HOTELLIER, deux agriculteurs à la recherche de soutien pour mettre en place leurs installations.

Avis aux collectivités : un appel à partenariat pour une plate-forme de séchage de copeaux de bois est lancé !!!

Contacter l’Agence de Développement Economique du Pays de Saint-Brieuc (ou 02 96 76 69 80)

Vous pouvez consulter les présentations de leurs projets en format pdf en cliquant ci-dessous.

LE CHOC PETROLIER : UNE OCCASION POUR ANTICIPER

L’ADE a pris l’heureuse initiative de travailler sur la nouvelle donne énergétique. Les faits de ces derniers temps lui ont donné raison. En effet, au-delà des circonstances liées à la conjoncture politique internationale, comme la crise irakienne hier et la crise iranienne aujourd’hui, c’est bien le dossier de l’énergie qui est ouvert.

Chaque semaine enregistre une nouvelle poussée de fièvre du prix du pétrole. Personne ne peut en être surpris. Depuis des décennies, nous avons construit notre croissance économique sur une énergie à bon marché. En vérité, nous consommons beaucoup trop d’énergie, très au-delà du raisonnable et même du nécessaire. Nos économies se sont développées depuis 200 ans en totale dépendance du charbon puis du pétrole. La croissance à peine entamée des pays émergents, en particulier les géants asiatiques, Inde et Chine, et le refus des Etats-Unis de remettre en cause un modèle énergétique aberrant ne peuvent qu’aggraver la situation.

Malgré l’épuisement inéluctable des ressources fossiles combustibles, nous restons prisonniers d’un modèle de croissance archaïque, de ses modes de production, de sa consommation. Déjà se révèlent les effets du réchauffement du climat dont l’ampleur et la rapidité surprennent les scientifiques les plus prudents. Il est vrai que la réorientation radicale des politiques énergétiques se heurte aux incertitudes scientifiques, aux craintes des séismes économiques liés à l’abandon du tout pétrole.

Sur le « pic pétrolier », plafonnement de la production mondiale face à la demande, les avis divergent de la date de 2015 à au-delà de 2030. En fait, la question n’est pas géologique mais économique. L’exploitation de ressources pétrolières nouvelles dépend en effet d’abord du prix du pétrole : le maintien d’un niveau situé autour de 40 ou 60 $ permettrait l’exploitation de nouveaux gisements massifs. Il semble établi aujourd’hui que le prix du pétrole va s’installer à son niveau actuel, voire davantage, en raison de la pression de la demande asiatique nouvelle et des incertitudes liées aux tensions du Moyen Orient. Cette poussée des prix est amplifiée par le jeu des capitaux spéculatifs à court terme et de la logique uniquement financière de grands groupes industriels.

Pourtant les faits sont têtus. Le prix des énergies, et singulièrement du pétrole, obéit aux règles d’un marché mondialisé. La demande actuelle est de 85 millions de barils/jour. Le besoin estimé en 2030 est de 135 millions de barils/jour. La marge de manœuvre est aujourd’hui seulement de I,5 mbj. Le moindre incident provoque des tensions qui se traduisent par des poussées de prix. D’autant que face à cette demande qui ne cesse de croître, l’offre est incertaine. Les pays de l’OPEP ont, de l’avis général, surestimé leurs réserves. Malgré les nouvelles perspectives de recherche ou d’exploitation ouvertes par des prix durablement élevés du pétrole, on ne voit pas comment la production peut, dans les prochaines décennies, accompagner la demande. Nous entrons donc, très rapidement, dans une période d’énergie chère.

Les conséquences de ce nouveau choc pétrolier doivent être appréciées, au niveau des états comme au niveau des entreprises. Aujourd’hui, les augmentations enregistrées depuis un an n’ont pas eu d’effet majeur. On estime que le pétrole à 60 $ sur deux ans « coûte » un demi point de croissance. Cela n’a pas empêché une période historiquement faste pour l’ensemble de l’économie du monde, en particulier la Chine. Mais le maintient de prix élevés, accompagné de la montée des taux monétaires, pourrait provoquer une crise économique que personne ne peut souhaiter.

Nous avons le choix entre subir cette crise annoncée dont les conséquences peuvent bouleverser nos sociétés ou préparer la transition énergétique. Il est maintenant indispensable d’intégrer la donne énergétique dans les stratégies de développement. Cela vaut pour les entreprises comme pour les territoires. Les orientations sont connues : réduire la dépendance énergétique en particulier par une politique volontariste d’économies, améliorer l’efficacité énergétique, diversifier les sources d’approvisionnement avec les énergies renouvelables, réduire la part des énergies fossiles… A l’heure de la compétition généralisée, les entreprises et les territoires qui sauront prendre le nouveau virage se procureront un avantage comparatif incontestable. Il s’agit d’inventer un nouveau type de croissance, réellement durable, génératrice d’emplois, portée par l’innovation et l’intelligence économique.

Comme elle a su le faire dans d’autres domaines depuis quinze ans, il serait dans la mission de l’ADE d’apporter une contribution déterminante à l’élaboration d’une telle stratégie au niveau du Pays de Saint Brieuc.

Claude SAUNIER